
Le cliché dit que les Africains ne savent pas nager. La réalité est plus complexe et plus grave. Des millions d’Africains vivent à proximité de lacs, de rivières, d’océans sans avoir jamais appris à nager de façon sécurisée. Et chaque année, des dizaines de milliers d’entre eux, majoritairement des enfants, meurent de noyade. C’est une crise de santé publique invisible et évitable.
Les chiffres qui interpellent
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que la noyade est la troisième cause de mort non intentionnelle dans le monde. En Afrique subsaharienne, les taux de noyade sont parmi les plus élevés de la planète, plusieurs fois supérieurs aux taux européens ou nord-américains. Les victimes sont majoritairement des enfants de moins de 14 ans, et des hommes jeunes qui tentent de traverser des cours d’eau ou de pêcher sans savoir nager.
Ces morts sont largement invisibles dans les médias internationaux. Elles ne font pas les manchettes. Elles n’ont pas de « hashtag », mais dévastent des familles, des communautés entières, dans des régions où chaque vie compte de façon particulièrement intense.
La prévention par l’apprentissage
La bonne nouvelle, c’est que la noyade est évitable. Apprendre à nager, même de façon basique, même sans bassin olympique, réduit drastiquement le risque de noyade. Des études montrent qu’un enfant qui a reçu quelques heures d’apprentissage de la sécurité aquatique a un risque de noyade de 88% inférieur à celui d’un enfant qui n’en a reçu aucun.
C’est pourquoi des programmes de natation communautaire, qui ne visent pas à former des champions olympiques mais à donner à chaque enfant les compétences aquatiques de base pour survivre dans l’eau, sont l’une des interventions de santé publique les plus rentables qu’un gouvernement africain puisse financer.
