
L’aéroport international Bole d’Addis-Abeba est l’un des plus fréquentés d’Afrique. C’est le hub continental d’Ethiopian Airlines, point de transit pour des millions de passagers qui traversent le continent chaque année. Dans la tour de contrôle qui domine les pistes, des contrôleurs aériens coordonnent des dizaines de vols simultanément, en parlant à des pilotes qui peuvent être à 50 kilomètres de là. Abeba Haile est l’une d’eux.
Un travail de précision absolue
Le contrôle aérien est l’un des métiers les plus stressants et les plus précis qui existent. Une erreur de communication, une mauvaise instruction et les conséquences peuvent être catastrophiques. Les contrôleurs aériens travaillent donc avec des protocoles très stricts, un langage normalisé internationalement, et une attention de chaque instant à la position de chaque aéronef dans leur secteur.
Abeba Haile gère ce stress avec la sérénité de l’expérience et l’enthousiasme de quelqu’un qui aime profondément ce qu’elle fait. Chaque décollage qu’elle autorise, chaque atterrissage qu’elle guide, c’est une responsabilité qu’elle prend avec la conscience pleine de ce qu’elle représente. Pas de l’anxiété, mais de la présence.
Un métier ouvert aux femmes, à condition de le savoir
Le contrôle aérien est l’un des métiers de l’aviation dans lequel les femmes africaines ont le mieux progressé. La proportion de femmes contrôleuses aériennes en Afrique, si elle reste inférieure à celle des hommes, est nettement supérieure à la proportion de femmes pilotes. Les raisons sont multiples : formation moins coûteuse que le pilotage, métier exercé au sol, filière qui recrute sur concours et examen plutôt que sur des réseaux.
Ce que l’expérience d’Abeba Haile dit, c’est qu’une fois dans le système, les femmes réussissent aussi bien que les hommes. Parfois mieux. Certains superviseurs notent des qualités de communication et de gestion multitâche particulièrement développées chez les contrôleuses féminines. Des qualités, précisons-le, qui n’ont rien de biologique : elles se cultivent, se développent, s’apprennent.
L’Afrique dans les airs, vue d’une tour
Ce qu’on voit depuis une tour de contrôle d’Addis-Abeba, c’est l’Afrique qui bouge. Des avions d’Ethiopian, de Kenya Airways, d’Air Tanzania, d’EgyptAir, de compagnies internationales qui font escale. Un continent en mouvement, connecté, qui échange, qui commerce, qui voyage. Abeba Haile guide tout ça.
