
Il y a des premières qui changent tout. Pas seulement pour celles qui les accomplissent, mais pour toutes celles qui les regardent. Quand Amira Arabi a pris les commandes d’un vol commercial en tant que commandante de bord, la première femme à le faire dans l’histoire de l’aviation algérienne, des petites filles d’Alger, d’Oran et de Constantine ont soudain eu quelque chose de nouveau à rêver
Un rêve de ciel depuis l’enfance
Comme beaucoup de pilotes, Amira Arabi a regardé les avions avant même de comprendre qu’elle voulait en piloter un. Enfant, les vols familiaux lui semblaient magiques. Elle était, subjuguée par cette façon qu’avaient les machines de défier la gravité, de franchir les nuages, de mettre le monde en dessous de soi. La décision de devenir pilote est venue tôt, et elle n’a jamais vacillé.
La formation a été longue, exigeante, ponctuée des doutes habituels. Les années d’école d’aviation, les examens théoriques, les heures de vol accumulées, les qualifications sur chaque type d’appareil, un chemin que tous les pilotes connaissent, mais que les femmes parcourent souvent avec une charge supplémentaire : celle d’être en permanence la seule femme dans la salle, dans le cockpit, dans la salle de briefing.
Être la seule dans le cockpit
La réalité du milieu de l’aviation commerciale, en Algérie comme dans la plupart des pays africains, c’est que les femmes y sont encore l’exception. Des collègues masculins bienveillants, d’autres moins. Des passagers qui s’étonnent, parfois. Des regards qui interrogent, occasionnellement. Amira Arabi a traversé tout cela avec une constance et une sérénité qui sont en elles-mêmes un message.
Ce qu’elle dit aux jeunes femmes qui l’approchent dans les aéroports ou lui écrivent sur les réseaux sociaux, c’est toujours la même chose : la compétence n’a pas de genre. Dans un cockpit, ce qui compte, c’est ce qu’on sait faire, la façon dont on réagit sous pression, la qualité des décisions qu’on prend. Le reste est du bruit.
L’effet domino d’une pionnière
Depuis qu’Amira Arabi a ouvert cette porte, Air Algérie a recruté davantage de femmes pilotes. Des jeunes Algériennes ont rejoint des écoles d’aviation avec la conscience que le chemin était possible et que quelqu’un l’avait déjà parcouru. C’est l’effet domino de chaque pionnière : elle ne change pas seulement sa vie, elle change ce que les autres croient possible.
