Ahmed Hafnaoui, sacré champion olympique du 400m nage libre à seulement 18 ans, lors des Jeux de Tokyo 2021.

Il y a des victoires qui arrivent comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Le 25 juillet 2021, dans le bassin du Tokyo Aquatics Centre, Ahmed Hafnaoui a produit l’une des surprises les plus retentissantes de l’histoire des Jeux olympiques. Non favori, qualifié in extremis, ce Tunisien de 18 ans a déposé tous les grands noms de la natation mondiale pour décrocher l’or au 400 mètres nage libre. D’un centième de seconde.

Le chemin vers Tokyo

Ahmed Hafnaoui n’a pas eu le parcours de l’enfant prodige balisé dès ses premières longueurs. Né à Kairouan, il a découvert la natation à Tunis et a progressé avec constance, sans jamais faire partie des certitudes du calendrier international. Sa qualification pour Tokyo s’est faite sur le fil : il a touché le mur lors des qualifications avec le temps minimum requis, sans jamais prétendre à une finale olympique.

Alors quand il a plongé dans ce bassin, personne dans les commentaires sportifs ne prononçait son nom en premier. Les favoris venaient d’Australie, des États-Unis, d’Europe. Hafnaoui était une ligne dans un tableau, pas une cible sur un tableau tactique. Ce qui s’est passé ensuite appartient à la légende du sport.

La nage d’une vie

Le 400 mètres nage libre est une épreuve de stratégie autant que de puissance. Il faut gérer son effort sur 400 mètres, ne pas partir trop vite, ne pas arriver trop lentement, lire les adversaires, décider du bon moment pour lancer son accélération finale. Hafnaoui a fait tout ça parfaitement. Son dernier 50 mètres a été dévastateur. Il a touché le mur en 3 :43.36, médaille d’or.

En Tunisie, dans les cafés, dans les maisons, dans les stades où des écrans avaient été installés, c’est l’explosion. Le pays entier s’est arrêté pour regarder un jeune homme de 18 ans faire quelque chose d’impossible. Et le monde arabe, et l’Afrique entière, ont célébré avec lui.

Ce que sa victoire a changé

Au-delà de la médaille, ce que Hafnaoui a changé, c’est une représentation. L’idée, fausse mais tenace selon laquelle que l’Afrique ne produit pas de champions de natation, a pris un sérieux coup. Des jeunes nageurs tunisiens ont envahi les piscines après Tokyo. Des clubs ont signalé une augmentation des inscriptions. Des parents ont emmené leurs enfants à la piscine pour la première fois.

La victoire d’Hafnaoui a fait des vagues. Littéralement. Et c’est le cas de le dire.