Artisan ivoirien fabriquant un plateau de jeu en bois pour Farafina Games

Dans un atelier d’Abidjan, des artisans taillent du bois local, acajou, iroko, teck, pour fabriquer des plateaux de jeu. D’autres les polissent, les assemblent, les emballent dans des boîtes aux motifs africains soigneusement conçus. Ce qui sort de cet atelier part ensuite en Europe, aux États-Unis, au Canada dans des boutiques spécialisées qui n’auraient peut-être pas imaginé, il y a dix ans, vendre des jeux fabriqués en Côte d’Ivoire.

Une chaîne de valeur 100 % africaine

Ce qui distingue Farafina Games d’autres créateurs de jeux à thème africain, c’est que toute la chaîne de valeur est africaine. Le bois vient des forêts gérées durablement de Côte d’Ivoire. Les artisans qui fabriquent les pièces de jeu sont ivoiriens. Les illustrateurs qui créent les visuels sont africains. Les designers qui conçoivent les mécaniques de jeu sont africains. Le résultat est un produit qui est africain du premier au dernier maillon.

Cette approche n’est pas seulement un choix éthique. C’est aussi un argument commercial. Dans un marché des jeux de société de plus en plus attentif à la provenance des produits et à l’impact des achats, un jeu fabriqué par des artisans africains avec du bois local a un storytelling puissant. Les clients achètent le jeu, et avec lui une histoire qu’ils peuvent raconter autour d’une table.

Le chemin vers l’export

Exporter des jeux de société depuis la Côte d’Ivoire vers l’Europe n’est pas simple. Les coûts de fret, les certifications de sécurité des jouets, les barrières douanières, les exigences de marquage, chaque marché a ses règles, et s’y conformer demande du temps et des ressources. Farafina Games a navigué dans tout ce labyrinthe patiemment, parfois en perdant de l’argent sur les premières commandes et surtout en apprenant de chaque expérience.

Aujourd’hui, la startup est référencée chez des distributeurs en France, en Belgique, aux Pays-Bas, au Canada. Ses jeux sont disponibles en ligne dans une vingtaine de pays. Ce n’est pas encore le succès de masse. Mais c’est une présence internationale réelle, construite de zéro en quelques années. Un modèle que beaucoup d’entrepreneurs africains regardent avec intérêt.

L’exemple qui fait des émules

Le succès de Farafina Games inspire d’autres créateurs africains de jeux. Au Sénégal, au Nigeria, au Ghana, des studios de jeux de société émergent avec la même ambition : créer en Afrique, pour l’Afrique et pour le monde.