
En 1992, quand la Biennale de Dakar a été créée sous l’impulsion du gouvernement sénégalais, l’art contemporain africain était encore largement ignoré par les grandes institutions culturelles mondiales. Trente ans et seize éditions plus tard, Dak’Art est l’un des événements artistiques les plus importants de la planète un rendez-vous incontournable pour les artistes, les collectionneurs, les curateurs et les critiques du monde entier.
Une biennale en ville
Ce qui distingue Dak’Art des autres grandes biennales d’art, c’est son rapport à la ville. À Venise, l’art se concentre dans les Giardini et l’Arsenal. À Dak’Art, la ville entière devient un espace d’exposition : des palais coloniaux réhabilités, des maisons d’artistes, des jardins publics, des espaces industriels, des rues. Les Dakarois vivent avec l’art pendant un mois, le temps de la biennale. L’art n’est pas dans une bulle, il s’installe dans le quotidien.
Cette intégration urbaine crée un rapport au public radicalement différent. L’art contemporain africain, dans ce contexte, n’est pas réservé aux initiés, il appartient à tout le monde. Des enfants le découvrent dans leur quartier. Des vendeurs de rue s’arrêtent devant des installations qui interrogent leur quotidien. C’est la démocratisation de l’art par l’espace public.
Un tremplin pour les artistes africains
Pour beaucoup d’artistes africains, participer à Dak’Art est un tournant dans leur carrière. La biennale attire des curateurs des plus grandes institutions mondiales comme le MoMA, la Tate, le Centre Pompidou. Une sélection à Dak’Art peut mener à des expositions internationales, des résidences dans des institutions de prestige, l’entrée dans des collections permanentes.
Ce tremplin est précieux dans un contexte où les artistes africains ont encore du mal à accéder aux circuits de distribution et de reconnaissance de l’art contemporain international. Dak’Art crée une visibilité que les artistes ne pourraient pas construire seuls, et offre un espace où leur travail est évalué avec le sérieux et l’attention qu’il mérite.
L’art africain au cœur du monde
L’art africain n’est pas en train de conquérir sa place dans le monde, il l’a toujours eue. Il est simplement en train d’être enfin vu. Et Dak’Art est l’un des espaces les plus importants où ce regard se pose, se pose enfin, sur toute sa profondeur.
