Public du festival Afropunk lors d'un concert

Il y a une histoire qu’on oublie parfois dans la musique mondiale : le blues est né dans le Mississippi, dans les champs et les quartiers noirs du Sud-américain. Le rock’n’roll en est directement issu. Et pourtant, dans les années 1970 et 1980, le rock est devenu culturellement blanc. Les artistes noirs ont été progressivement exclus des radios, des labels, des scènes principales. Afropunk est né pour dire : non, ça ne se passera pas comme ça.

Un festival, un mouvement

Afropunk a commencé comme un festival à Brooklyn en 2005, fondé par Matthew Morgan et James Spooner à partir d’un documentaire sur les Noirs dans la scène punk américaine. L’idée était simple : créer un espace où des artistes noirs pouvaient jouer de la musique alternative, punk, rock, soul, électro, n’importe quoi sauf le hip-hop mainstream, sans avoir à justifier leur présence dans un genre qui était, historiquement, le leur.

Le festival a grandi, s’est exporté, de Paris, à Londres en passant par Johannesburg et Atlanta, et est devenu l’un des événements culturels les plus influents du monde. Pas seulement pour la musique. Afropunk est aussi une réponse politique et esthétique, en somme une déclaration d’indépendance culturelle de la diaspora africaine qui refuse de se laisser enfermer dans des cases.

Les artistes africains de la diaspora au cœur d’Afropunk

L’édition de Johannesburg d’Afropunk a fait quelque chose d’important : elle a rapatrié le festival en Afrique. Et elle a révélé une scène rock et alternative africaine que personne, ou presque, ne connaissait. Des groupes sud-africains, zimbabwéens, nigérians qui jouent une musique alternative ancrée dans leurs cultures et qui prouvent que le rock africain n’est pas une copie de l’Occident, mais une création originale avec ses propres codes et sa propre énergie.

Un miroir tendu au monde

Afropunk est un miroir tendu au monde de la musique pour lui dire : regardez ce que vous avez manqué, regardez ce que vous continuez à ignorer, regardez ce qui se crée quand on laisse les artistes africains et afro-descendants être pleinement eux-mêmes.