Producteur Afrobeats à la console d'un studio londonien

Derrière chaque hit de Burna Boy, de Wizkid, de Tems, il y a un producteur. Quelqu’un qui a construit le beat, choisi les instruments, arrangé les sons, mixé les voix. Ces architectes de l’Afrobeats restent souvent dans l’ombre des artistes qu’ils propulsent. Mais leur rôle est central et beaucoup d’entre eux travaillent depuis des studios londoniens, à la confluence des cultures nigériane et britannique.

Le studio comme laboratoire hybride

Ce qui se passe dans les studios londoniens où se forge l’Afrobeats global est fascinant. Un producteur d’origine nigériane qui a grandi à Lagos et à Londres, qui a absorbé le highlife de ses parents, le rap américain de son adolescence, la musique électronique de ses années de club londonien, crée des sons qui n’existent nulle part ailleurs. Des synergies impossibles dans un seul pays, possibles dans une vie partagée entre deux cultures.

Ces producteurs travaillent souvent en réseau, partageant des sessions, des samples, des techniques. Un beat commencé à Lagos peut être terminé à Londres, mixé à Los Angeles. La géographie de la création musicale contemporaine n’est plus nationale, elle est globale. Et la diaspora africaine est au cœur de cette globalisation.

Des noms à retenir

Nombres de ces producteurs sont encore peu connus du grand public. Leurs noms apparaissent dans les crédits des albums : TG Omori pour la réalisation de clips, P2J pour des productions de Tiwa Savage et Burna Boy, Killertunes dont les beats ont propulsé plusieurs hits nigérians au sommet des charts africains. Ces noms méritent d’être connus. Ils méritent d’être célébrés.